07.03.2008

Comme j'aurais voulu l'écrire

 

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"Quand je lis un journal, écoute la radio ou prête attention dans un café à ce que disent les gens, je ressens de plus en plus souvent la satiété, voire de l'écoeurement, parce que l'on écrit ou prononce toujours les mêmes mots, toujours les mêmes tournures, formules ou métaphores. Et le pire, c'est quand je m'écoute moi-même et constate que moi aussi, je dis toujours les éternelles mêmes choses. Elles sont si terriblement usées et défraîchies, ces paroles, détériorées par des millions d'usages. Ont-elles ême encore une signification. Naturellement, l'échange des mots fonctionne, les gens agissent en conséquence, ils rient et pleurent, ils vont à gauche ou à droite, le serveur apporte le café ou le thé. Mais ce n'est pas cela qui m'intrigue. La question est: ces paroles sont-elles encore l'expression de pensées. Ou seulement des formations sonores efficaces qui poussent les hommes de-ci de-là, parce que les traces du bavardage qui y sont gravées y demeurent inlassablement perceptibles?

Il m'arrive alors d'aller à la plage et de rester la tête haut dressée dans le vent que je souhaiterais glacial, plus froid que nous le connaissons en ce pays: puisse sont souffle emporter hors de moi tous les mots fatigués, toutes les fades habitudes de langage, pour que je revienne l'esprit purifié, purifié des scories du discours toujours semblable. Mais à la première occasion où je dois m'exprimer, tout est comme auparavant. La purification que je désire n'est rien qui aille de soi. Je dois faire quelque chose, et je dois le faire avec des mots. Mais quoi? Ce n'est pas que j'ai envie de quitter ma langue et d'en intégrer une autre. Non il ne s'agit pas d'une désertion linguistique. Et je me dis encore ceci: on ne peut pas réinventer la langue."


21.02.2008

On y croit

A tort ou à raison, l'avenir me le dira, il est des aventures qu'il faut préparer avant de les vivre. Parfois, cette préparation peut se résumer à peu de chose, à pas grand chose voire à rien. J'ai décidé de lire "Les Bienveillantes". Que l'on ne s'y trompe pas, cette décision ne réclame aucune volonté particulière, je n'ai pas pesé le pour et le contre mais j'ai le sentiment que je ne le lirai pas comme tant d'autres livres.
Ce livre, pour l'instant, repose sur la commode de la chambre. Chaque jour je le vois et le regarde avec bienveillance. Les livres sont pour moi source de plaisir et finissent, un jour ou l'autre, par se retrouver dans mon lit car, pour l'essentiel, je lis au lit. A ce titre, "les bienveillantes" est un cas d'école.

 Je vais lire la version NRF, par définition prestigieuse mais encombrante et lourde, donc peu adaptée à la lecture horizontale. Pour tout vous dire, je commence toujours ma lecture en étant couché sur le côté droit puis, si je ne me suis pas endormi avant, j'effectue une rotation, ce qui n'est pas sale, vers la gauche. Ainsi, en début de livre, couché sur la droite, la partie lourde du livre repose sur le lit, assurant un bon confort de lecture. Par contre, quand je passe à gauche, c'est mortel (je sais, c'est idiot mais je n'ai pas résisté). La partie lourde se trouve en l'air et la main droite est mobilisée pour éviter que le livre ne se referme. Pour un livre de poche, je place le pouce entre les deux pages. Là, si je procède de la même manière le livre se referme. Si je mobilise la main gauche pour palier une répartition déséquilibrée de la charge, mon épaule se trouve légèrement décalée ce qui rajoute à l'inconfort. La position couchée à gauche n'est pas sans danger car je finis par m'endormir et ma main droite en profite pour se relâcher. Le  livre tombe, se referme sur mon nez et finit par échouer au bas du lit. Je suis réveillé et j'ai perdu la page. Je vais essayer d'illustrer mes propos de quelques photos.

Mon projet concernant "Les bienveillantes" est d'écrire des chroniques pour vous tenir informé de mes impressions tout au long de la lecture. Reste à savoir si ce projet deviendra réalité. J'ai aussi envie de vous parler de mon lit.