25.06.2008
Tout simplement
Résumons la situation. Ce matin l'INSEE nous apprend que la croissance sera non seulement inférieure aux prévisions du gouvernement mais que de surcroît elle pourrait être nulle certains mois. L'inflation va se rapprocher de 4%. Les créations d'emplois vont fortement ralentir. Pour ce qui est du neuf, l'immobilier voit son activité et ses prévisions fortement chuter. Le taux des crédits immobiliers est en forte hausse. La consommation est moins dynamique. Le désormais célèbre pouvoir d'achat va au mieux stagner. Compte tenu que l'infation concerne essentiellement les produits de première nécessité, ce sont les personnes aux salaires les plus modestes qui vont supporter les effets d'une situation économique incertaine.
Notre amie Christine Lagarde nous assure que toutes ces prévisions sont par trop pessimistes et qu'elle se fait fort de relancer tout cela à l'aide d'une politique économique judicieusement ajustée.
Pourquoi ne pas nous dire tout simplement que la situation n'est pas celle que l'on espérait, que les engagements qui avaient été pris ne seront pas tenus et que plutôt que de piétiner rageusement les 35 heures, plutôt que de ridiculiser le dialogue sociale et ses acteurs, plutôt que de faire des français un peuple résigné, peureux et individualiste, il serait temps de construire, de proposer un projet de société qui soit autre chose qu'une succession de réformes qui sonnent comme des victoires aux oreilles de ceux qui les conçoivent.
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24.06.2008
C'est qu'est-ce que j'dis
"Bon, moi ia pas, faut que j'lis" est une des célèbres phrases de Jean-Claude Convenant. Vous aurez certainement remarqué que le milieu du foot-ball recèle en son sein de nombreux JC.
Pendant la durée de l'actuelle compétition, les joueurs s'expriment, répondent aux questions des journalistes. Ces derniers jours, deux d'entre eux ont plus particulièrement retenu mon attention.
William Gallas, résolu et sans fioriture qui précise "Face aux hollandais (prononcez "face aux zolandais), i faut absolument qu'on prend les trois points".
Franck Ribéry, vantant les vertus du dialogue "Si ian a qui zont quelque chose à dire, faut qu'i parlent".
Par contre, vous n'avez peut-être pas remarqué que les propos du foot-balleur sont l'objet d'une profonde transformation lorsqu'ils bénéficient d'une retranscription dans la presse écrite. Ainsi, la phrase de Ribéry devient dans le Monde "Ribéry a invité ses partenaires à d'abord évacuer les doutes taraudant depuis deux jours les esprits français après le lourd revers contre les Pays-Bas.
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23.06.2008
Départ en retraite
Vous trouverez ci-après un discours que j'aurai le plaisir de lire dans quelques jours. Si vous avez le temps de le lire vous, vous remarquerez qu'il y a du recyclage. Je remarque que le départ en retraite est un sujet plein de ressource.
Chère Claire, si tu permets que je t’appelle Claire, comme d’autres avant toi, tu as décidé de nous quitter. Développant un concept très en vogue, tu pars en retraite. Autant j’ai, d’habitude, tendance à raconter n’importe quoi, autant aujourd’hui ce ne sera pas le cas, ou du moins pas tout à fait. Le départ en retraire étant en plein boom, il constitue depuis quelques temps l’essentiel de mon activité. Je suis devenu en quelque sorte le premier maillon de l’aide à domicile, premier maillon de ce qui constituera la chaîne de l’oubli dans lequel nous finissons tous par tomber.
A chaque fois qu’il m’est donné la possibilité d’écrire un discours, je vous dis que j’ai été tiré au sort alors que bien sûr pas un seul parmi vous n’est foutu d’aligner deux mots avec un tant soit peu d’esprit. Pour une fois que l’administration fait appel aux compétences de l’un de ses agents… Mais cette fois ci, c’est toi Claire qui m’a demandé d’écrire un mot ajoutant « puisque tu les fais rire ».
A l'origine, j'avais prévu de commencer ainsi "Je vous invite à pénétrer dans mon intimité." Cette phrase qui frôle, peut-être même touche, une vulgarité que des guillemets n'arrivent pas à cacher, ne doit son illusoire ambiguïté qu'à la paradoxale présence du mot "dans". J'ai donc décidé de changer.
Il est parfois des états qui ne tiennent qu'à peu de chose, ces états qui font que soit on l'est soit l'on ne l'est plus. La virginité, dont il est beaucoup question, est un de ces états. C'est comme une porte, elle est ouverte ou fermée. Si j'ai bien compris, certains préfèreraient même que ce soit un pont-levis. Comme me le disait Pascal, qui à l’occasion s'occupe de jeunes enfants, la virginité est potentiellement salissante. Tout comme la dernière fois je vous ai parlé des slips kangourou de mon père, sujet qui, si j’en crois les nombreuses questions, vous a passionné, vous vous demandez quel est le rapport entre la virginité et le départ de Claire. De rapport direct il n’y en a pas si ce n’est que pour toi, Claire, ce sera la première fois, la première fois que tu partiras en retraite. Tu vas voir comme la première fois est émouvante. On s’en souvient toute sa vie. Bien sûr, comme d’autres, tu auras des hésitations, des maladresses. Peut-être que, pour avoir attendu si longtemps, tu ressentiras une certaine déception en te disant « Ah c’était ça ». Mais ne t’y trompe pas, tu y prendras goût et rapidement tu n’auras qu’une idée, recommencer. Tu vas passer de l’état d’actif, terme que l’on n’accole pas spontanément au mot fonctionnaire, il est vrai que nous avons tous connu des fonctionnaires désactivés plusieurs années à l’avance, à l’état de retraité.
J’ai souhaité connaître le ressenti de certains de tes collègues à cet évènement majeur. Ces témoignages resteront anonymes. Joël H, très à l’aise, précisant qu’il ne fallait voir aucune impatience ni mauvais esprit dans ses propos, m’a avoué qu’il était temps que tu mettes un terme à sa carrière. Claude D, toujours bonne bouille, à ses dires, très respectueuse des personnes âgées, m’avoua que ton absence serait préférable à tes absences. Mais que l’on ne se méprenne pas sur le sens de ces propos guidé par un louable sens de la compassion. Quant à Roger J, intermittent du management et victime d’un âge qui le condamne à un travail à temps partiel subi, il me confia que suite à ton départ il ne pouvait concevoir de rester plus longtemps
Ceci dit, je n’ai rien dit. Je dois avouer que j’ai longtemps hésité. Allais-je reprendre, relater point par point ta carrière au sein de l’administration ? Ton arrivée dans ce qui n’était qu’un embryon de service né de la rencontre d’une idée et d’une nécessité. Comme un corps en perpétuelle gestation, ce service allait grossir, prendre du volume, absorber, se fondre, fusionner, conquérir ses lettres de noblesse en associant, quelle clairvoyance, emploi et formation. Telle la grenouille, hésitant encore entre l’effet bœuf et l’effet bof, il n’a pas fini de grossir pour devenir DIRECT, de surcroît de droite. Comme l’a écrit Eve Angéli, nous sommes à l’aube d’un crépuscule. Ainsi qu’aurait pu le dire le poète, notre ministère ne sera plus ni tout à fait le même ni tout à fait un autre. Pour tenter de cerner quelle fut ton influence sur le fonctionnement de notre ministère je me permettrais de relater ici un extrait de l’entretien que j’ai eu la semaine dernière avec Xavier. Alors que je lui faisais remarquer que tu allais partir en retraite, il me répondit ainsi
« Tu sais, Thierry, oui il me tutoie car il faut savoir que notre ministre est un homme simple, de proximité, ouvert, chaleureux et pas fier pour deux sous. Tu sais, Thierry, les français savent combien notre ministère est novateur dans le domaine de la GPEC. Vous aurez certainement remarqué que nos hommes politiques commencent souvent leur propos par « les français savent que, les français veulent que, les français ont bien compris que » certainement dans le souci d’éviter toute discrimination. Donc mon ami Xavier poursuivit ainsi « Les français ont bien conscience et moi le premier de l’œuvre accomplie par cette fine de Claire (beaucoup d’humour notre ministre) et, même si il est encore trop tôt pour en évaluer toutes les retombées, à l’évidence il y aura un avant et un après Claire. C’est la raison pour laquelle tu dois savoir que le départ en retraite de Claire n’est pas étranger à la mise en place de la RGPP. » Quel plus bel hommage pouvais-tu espérer. Que les autres futurs parteurs en retraite ne soient pas jaloux , si ils le souhaitent, je me ferai un plaisir de leur faire part des propos de mon gars Xav à leur sujet.
Voilà, c’est fini. Tu vas partir et pénétrer les vierges étendues d’un nouveau monde peuplé d’envies, de désirs, de plaisirs, monde dans lequel il te suffira de succomber aux tentations, un monde où le temps, comme la caresse d’une promesse, sans compter s’offrira à toi. Et comme disait George Clooney « La vie, quoi d’autre ? »
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11.06.2008
Merci Patrick
Face à mon bol de thé, quelque peu avachi, j'écoute la radio et j'entends que notre ami Devedjian veut que l'on procède au démantèlement des 35 heures. Sur le coup, ma sirène interne "défense des avantages acquis" se met à hurler. Pour être certain d'avoir compris, je vérifie le sens du verbe démanteler qui est synonyme de "réduire à néant". Je dois vous avouer que j'avais envie de démanteler mon ami Patrick. Et puis je me suis dit "mon gars, sois zen, reprends-toi et réfléchis."
Pendant de longues minutes mon esprit, lui qui d'habitude est si vif et si fécond, a tourné dans le vide. Le blanc. J'ai donc décidé de changé d'angle. J'ai pris le parti de mon gars Devedj comme on l'appelle dans le milieu. Vous aurez remarqué que les amis de Devedj ont des mots fétiches comme réforme, carcan, libérer, conservatisme, moderne, bon sens, pragmatisme, tout le monde sait que..., regardez ce qui se passe à l'étranger... et ces même amis pensent qu'il y a trop d'impôts, trop de charges, trop de fonctionnaires, trop de contraintes et j'en oublie.
Mais une fois que la droite est au pouvoir, elle n'est plus qu'un bataillon de couilles molles qui prend des demi mesures. C'est pourquoi il faut soutenir Devedj. Suppression de la durée légale du travail avec une durée négociée dans chaque entreprise. J'irai même plus loin. Chaque salarié devra négocier sa propre durée du travail. Après deux refus de la proposition patronale, il verra son salaire diminué de 20%. Au bout de quatre refus, il sera licencié sans préavis ni indemnités. La disparition des heures supplémentaires aura l'avantage de supprimer les exonérations fiscales et de charges qui y étaient rattachées ce qui aura un effet positif sur les finances publiques. Comme toutes les prestations sociales bénéficient en priorité aux chômeurs, aux smicards et autres nécessiteux, seuls les salariés seront redevables de l'ensemble des cotisations sociales.
Ceci n'est qu'un aperçu des possibles qui s'offrent à nous.
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10.06.2008
Où sont les femmes?
Vous vous souvenez certainement de cette inoubliable chanson de Patrick Juvet, notre David Bowie à nous. Inoubliable mais dont je n'ai retenu que les paroles du titre, paroles qui suffisent largement à notre bonheur. Depuis le temps, pour ce qui est des femmes, j'ai réussi à les localiser.
Pourquoi vous parlé-je de cet hymne de nos années folles? Depuis quelques jours, sous la douche, je chante "Où sont les socialistes?". Il y en a un qui se pose dix questions, l'autre a l'audace d'être libéral, la troisième dit que c'est une honte, vous avez celui qui n'a pas d'ambition mais qui, au cas où, est disponible et n'exclut rien et puis tous ceux qui se disent qu'il n'y a pas de raison, qu'eux aussi, le moment venu, feront valoir leur légitime ambition.
Et pendant ce temps, nous vivons dans une société qui ne sera bientôt plus que la somme des intérêts particuliers.
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09.06.2008
Tôt ou tard
Il est trois heures. Il se lève et il la bouscule. Elle ne se réveille pas, comme d'habitude. Mais si, elle se réveille. D'ailleurs elle dort mal. Il n'arrête pas de gigoter. Elle a les jambes couvertes de bleus. Comme elle est réveillée, elle se propose de l'accompagner. Elle sait que cela lui fera plaisir. Elle lui sourit et pourtant quelque chose la tracasse.
- Dis-moi Nicolas, comment s'habille-t-on quand on se lève tôt?

12:32 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.06.2008
Je suis vierge
A l'origine, j'avais prévu de commencer ainsi "Je vous invite à pénétrer dans mon intimité." Cette phrase qui frôle, peut-être même touche, une vulgarité que des guillemets n'arrivent pas à cacher, ne doit son illusoire ambiguité qu'à la paradoxale présence du mot "dans". J'ai donc décidé de changer.
Il est parfois des états qui ne tiennent qu'à peu de chose, ces états qui font que soit on l'est soit on ne l'est plus. La virginité, dont il est beaucoup question, est un de ces états. C'est comme une porte, elle est ouverte ou fermée. Si j'ai bien compris, certains préfèreraient même que ce soit un pont-levis. Comme me le disait mon ami Pierre, qui s'occupe de jeunes enfants, la virginité est potentiellement salissante.
L'actualité nous a montré que la virginité pouvait faire naître la réflexion. C'est ainsi que j'ai laissé mariner ce mot quelques jours dans mon esprit et que je vous livre le fruit de mes réflexions.
Si plus haut je faisais référence à mon intimité c'est qu'il est difficile de parler de la virginité des autres. Je vais donc vous parler de la mienne. J'ai la vanité de croire que ma virginité vous intéresse. Après avoir fait un flash-back, je me suis rendu compte que je ne me souvenais plus où j'avais perdu ma virginité. Comme je n'ai pas l'intention de la retrouver, cela n'avait aucune importance. Comme si elles n'attendaient que ça, ces paroles d'une chanson de Marie Laforêt se sont glissées en moi.
Fais-moi l'amour comme à 16 ans
Fais-moi l'amour sans expérience
Fais-moi l'amour timidement
Comme un beau soir d'adolescence
Dis-moi les mots qui n'osent pas
Fais-moi les gestes qui hésitent
Etouffe-moi entre tes bras
Fais-moi l'amour un peu trop vite
Je me suis d'abord souvenu qu'à seize ans, personne ne me susurrait ça. L'air de rien, il m'arrivait de chanter ces paroles mais mes promesses de maladresses ne trouvaient pas d'échos. Et aujourd'hui? Je me suis dit, après la réflexion, qu'à chaque fois c'était la première fois. Bien sûr, l'ascenseur ne grimpe pas à chaque fois au septième mais toujours renaît le désir comme si le temps se nourrissait de ma mémoire. A chaque fois je m'offre et je découvre.
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07.06.2008
En rire ou en pleurer
Connaissez-vous Dominique Paillé? Il est l'un des trois porte-parole de l'UMP. Il a pour mission de nous expliquer, avec pédagogie, le sens des réformes entreprises par la majorité. Ainsi lorsque "les français" sont contre une réforme, notre gars Dominique arrive et explique que si "les français" sont contre c'est en raison d'un déficit d'explication et que si "les français" avaient compris le sens de cette réforme, à n'en pas douter il seraient pour. Faisant preuve de pédagogie, Dominique prend le temps de nous expliquer que l'on réforme pour notre bien, que, même si nous n'en sommes pas conscients, nous aimons la réforme. Il termine en nous précisant, pour ceux qui sont complètement bouchés, que de toute façon il n'y a pas d'autre solution.
Les 35 heures est le sujet à propos duquel notre ami Dominique intervient le plus en ce moment. Mais, comme tout pédagogue, il ressent parfois une certaine lassitude à toujours répéter la même chose. Il est alors tenté d'être elliptique, ce qui, vous l'allez voir, n'est pas sans risque.
A un journaliste qui lui demandait si le fait de négocier la durée du travail par entreprise n'était pas source d'inégalité, il répondit qu'aujourd'hui tous les salariés n'étaient pas à 35 heures, ce qui était une inégalité subie mais qu'en négociant entreprise par entreprise ce serait une inégalité choisie.
Pour ceux qui douteraient, et je les comprends, de la véracité de cette anecdote, je dispose du document audio de cette brillante saillie.
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06.06.2008
PIB
Lundi dernier, 19 heures. Comme souvent, je m'installe bêtement devant la télévision et je l'allume. Un rapide tour de chaîne et je tombe sur une émission qui fait partie d'une série. Une émission particulière, une émission qui touche à l'intime, cet intime qui est connu de tous mais que l'on ne partage pas. Le titre est "La fabuleuse histoire des excréments". Extrêmement instructif. Ce fut une révélation. J'ai eu la confirmation qu'il n'était pas obligatoire de se lever tôt pour contribuer au célèbre et vénéré Produit Intérieur Brut.
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