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23.04.2008
Chronique du matin
Le couloir est encore sombre. Pantalon, chemise et le reste dans les bras, je me dirige vers la salle de bain. L'affirmation selon laquelle "je me dirige" ne reflète pas la réalité. A ce moment du matin je ne dirige rien. Essayez d'imaginer un échalas, le visage frippé par le sommeil, serrant ses habits sur un torse engagé dans un processus d'irréversible relâchement, en slip plus ou moins moulant qui se détache sur des jambes blanches et poilues, les pieds nus adhérant au lino, détail qui me rappelle que j'ai oublié mes chaussons dans la chambre. L'habitude me guide jusqu'à la porte de la salle de bain qui est un endroit stratégique. Il est probable que les lecteurs célibataires ne se sentiront pas concernés par ce qui va suivre. A cet instant, je suis encore maître de mon destin. Toutes les options s'offrent à moi. J'ai confusément conscience que je vais devoir choisir et que ce choix ne sera pas sans influence sur le reste de ma journée. Soit je choisis d'occuper, de prendre possession, d'investir la salle de bain, soit je prends la direction de la cuisine. Ce choix, dont vous aurez compris toute l'importance, est comme la clef que l'on tourne et qui va déclencher un mécanisme qui ira jusqu'à son terme sans que l'on puisse intervenir. Le naïf pourrait penser qu'après ces milliers de matins vécus, l'expérience devrait guider nos pas. Que nenni. Le matin est une équation dont les inconnues sont si nombreuses que personne n'est encore parvenu à la modéliser. Je sais que le choix le plus raisonnable est celui de la salle de bain. Vais-je faire le bon choix, vais-je retrouver mes chaussons, aurai-je le temps de me laver les dents?
13:59 Publié dans Les chroniques du matin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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