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30.03.2008
Une soirée chez F et J (3) suite et fin
C'est au moment où la conversation prit un tour plus classique, que l'hote des lieux fit son retour, délaissant sa reine suédoise. Peu de temps après, les couples C et J firent leur apparition. Les sujets abordés restèrent plus conventionnels et ainsi se termina l'apéritif qui laissa place au repas. Si ce repas fut, à peu de chose près, une réussite culinaire, je souhaite porter un éclairage sur un élément de sa composition. Il nous fut servi un gigot de sept heures. A l'évidence, sept heures n'étaient ni trop, ni trop peu. Tout dans ce plat, d'une trompeuse simplicité, nous donnait raison de ne pas être ailleurs. Parfums, saveurs, texture, harmonie des goûts et des associations. La fébrilité, injustifiée, de la maitresse de maison laissa la place à la satisfaction que firent naître les mines réjouies des invités. La suite de la soirée est un peu plus confuse dans mon esprit, compte tenu de mon application gourmande à boire le vin généreusement servi par notre hôte.
Ainsi se terminait une soirée dont je remercie F et J.
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29.03.2008
Une soirée chez F et J (2)
Pourtant, sans y prendre gare, la conversation va prendre tour un très particulier, passant de la table d'auscultation à la couette. Au début, le sujet reste très médical. Il s'agit de cancer, de prévention, de taux de ceci, de taux de cela, de symptomes. Quelqu'une pense utile de préciser que c'est un problème strictement masculin. Bien sûr, à chacun les soucis de son sexe. Est ensuite évoqué l'exemple d'une connaissance commune dont le mari a subi une ablation de la prostate. Une des trois élégantes précise que, dans ce cas, il peut y avoir disparition des érections et que, même en cas de retour, ce qui dans sa bouche et son esprit reste très hypothétique, la turgescence peut demeurer partielle, manquer de rigueur, être insuffisante et insatisfaisante. La possibilité d'une injection, sorte de botox pelvien qui est au sexe ce que le bâton est à l'esquimau, est évoquée pour redonner, autant que faire ce peut, un peu de fonctionnalité à cet organe à l'irrigation défaillante. Je devine que cette solution ne pourrait-être que temporaire. A ce moment précis de la conversation, on peut raisonnablement penser que chacun, pour ce qui le concerne, a pris connaissance des tenants et des aboutissants du sujet. Et pourtant, une de nos trois charmantes se propose de se renseigner auprès de l'épouse de "l'amputé" afin d'avoir confirmation des effets secondaires et s'engage à nous tenir informé. De savoir que je pourrais être le sujet d'une telle conversation me fait entrevoir les couleurs de l'humiliation. N'ayant pas, jusque là, accompagné mes voisines sur les chemins de l'intimité, je me permets de leur préciser que l'on a beaucoup grossi l'importance de sexe masculin comme source de plaisir féminin et qu'il existe d'autres moyens de procurer à nos compagnes ce qu'elles attendent de nous. Nous convenons que l'imagination est pourvoyeuse de plaisirs.
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28.03.2008
Une soirée chez F et J (1)
Hier soir je suis entré dans l'intimité d'un homme, avec la participation active de trois femmes. Nous étions invités par un couple d'amis. C'est une expression que j'aime bien. Elle révèle un certain standing, laisse deviner un environnement de bon goût à l'élégance discrète.
Comme il se doit, les couples J et C était en retard. Après un accueil chaleureux, relevé d'une pointe d'humour et en attendant leur arrivée, le maître de maison nous abandonna pour aller jouer aux échecs en ligne avec une suédoise à moins que ce ne soit avec une danoise. C'est un des éléments caractéristiques de ce que l'on appelle aujourd'hui un couple libéré. C'est ainsi que je me retrouvai sur la terrasse en compagnie de trois femmes dont l'une partage mon intimité. Après les bavardages d'usage sur les enfants et leur scolarité, la conversation s'est concentrée sur la prostate en mauvais état d'une connaissance commune. Sans que j'en prenne conscience, les échanges ont, par petites touches, abordé d'autres éléments anatomiques de l'homme.
Je vous rappelle que nous sommes confortablement installés dans ce début de soirée d'un été encore hésitant mais dont le soleil montre des signes de bonne volonté. Délicatement posée sur la table de bois, une bouteille de champagne dont la maîtresse de maison n'a pas encore fait sauter le bouchon. Trois femmes élégantes et de bonne éducation qui ne manquent pas de sujets de conversation. C'est un début de soirée d'une bucolique douceur.
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27.03.2008
Départ de Jacqueline
Comme prévu, j'ai, ce matin, lu le discours de départ en retraite que j'ai écrit hier. Au cours de sa vie professionnelle, ma collègue a connu des moments difficiles, de souffrance, moments qu'elle a pour partie traversé dans la solitude. En écrivant ce mot de départ, j'ai essayé d'exprimer ma compassion, ma tendresse. C'est ainsi que certains passages étaient teintés de nostalgie. En les écrivant, j'étais persuadé que les seules réactions seraient peut-être des sourires attendris. Mais curieusement, ces passages ont, parmi l'auditoire, provoqué des éclats de rire. Il est vrai que mon texte alterne rire et nostalgie. Je vais essayer de joindre une copie. Je ne domine pas encore toutes les fonctionnalités d'un blog.
Donc voici en bleu le discours. Si son style vous plaît, n'hésitez pas à me contacter et je me ferai un plaisir d'en écrire un pour vous.
JACQUELINE VA PARTIR
Jacqueline, Jacqueline…je répète à l’envie ce prénom car bientôt je ne le sentirai plus me faire vibrer les cordes vocales. Comme aurait pu le dire notre ami Rocco, ce matin et pour la dernière fois, Jacqueline, je t’ai bien en bouche. C’est un beau prénom et d’ailleurs comme me le faisait remarquer avec justesse Madame Cartel, qui depuis hier me tutoie et qui dans quinze ans me fera la bise, donc comme me le faisait remarquer Catherine, dans Jacqueline il y a line qui rime avec fine, avec féminine, avec piscine, avec cabine, avec pinacothèque Donc, Jacqueline, si tu permets que je t’appelle Jacqueline, Jacqueline, tu as décidé de nous quitter mais je ne te donne pas tort. Comme le disait fort justement Michel le jardinier, les souvenirs ne sont pas toujours le terreau des regrets.
Comme nous l’a répété à plusieurs reprises Madame Becquet, il était temps que tu partes. Les dossiers et les chemises commençaient à te donner des boutons, de ces boutons dont l’éclosion nous révèle l’aridité des espèces. A croire que seuls les cactus s’épanouissent sur nos bureaux, ce qui pour certains est une bonne excuse pour ne toucher à rien. Il est des doigts qui, le soir venu, sont vierges de tout piquant. Mais à n’en pas douter, et comme me le faisait si justement remarquer Monsieur Jean, Jacqueline n’est-elle pas à l’image de ces fleurs qui adoucissent le cactus, légères, fragiles dont l’absence avive l’attente mais dont on ne peut, l’espoir nous tenant éveillé, détacher le regard. Oui, sous ses airs bourru et définitif, notre directeur régional est un être sensible, attentif et d’une rassurante proximité. Mais il sera bientôt temps de vanter ses mérites.
Donc Jacqueline, revenons à toi car j’ai l’impression de t’avoir un peu perdu de vue.
Des souvenirs, nous en avons. Ils ne nous sont pas tous communs, car si nous avons fait un certain nombre de choses ensemble, il est vrai qu’il est des domaines où la communauté n’était pas de mise, allez savoir pourquoi.
Je ne vais pas retracer ta carrière, si brillante fut-elle, car tu n’es jamais restée les deux pieds dans le même bureau. Si le secrétariat général a bien fait son travail, une fois n’est pas coutume comme aime à le dire Annick, pas plus que la moyenne d’après ce qui se dit dans les couloirs, tu as donc fréquenté la DDE, l’AFPA, le GRETA pour un jour te retrouver à la DRFP, au fond du couloir, faisant partie d’un pool dans un bureau plein comme un œuf où le caquetage le disputait à l’étiquetage. Si je résume, il s’agissait de mettre quelques coups de tampons entre deux poses café. Il était important d’arriver suffisamment tôt le matin pour bénéficier d’une chaise. Le point commun entre le travail et le café était le goutte à goutte, ce qui nous permettait d’en apprécier toute la saveur, ce café que nous sucrions de nos conversations acidulées.
Et puis, sans en prendre conscience, sans en mesurer l’ampleur, flottant dans un bain d’insouciance que certains se chargèrent de vider, la fusion atrophia les corps et mis les esprits en ébullition. Il fallut alors, pour certains parmi nous, du temps pour retrouver l’envie, pour être capable de faire porter son regard au-delà du temps présent. Il a fallu lutter et avoir la force de se souvenir que nous avions été heureux sans le savoir. Nous devions retrouver ce sentiment que nous étions utiles, utiles à quelqu’un, utiles à quelque chose.
Sans pour autant redécouvrir les frissons du désir, nous nous sommes éclatés, ou plutôt on nous a éclaté façon puzzle, ventilé ici et là au gré des couloirs et des bureaux et le temps a passé comme passe les circulaires dont les dernières pages nous restent à jamais inconnues. Nous avons fini par nous retrouver. Comme dirait Annie, tu as eu le nez creux en venant au DPIF.
Et puis Jacqueline, sans oublier le passé, tu as retrouvé le sourire et d’une légère poussée sur la douce pente qui mène vers la dernière ligne droite, tu t’es laissé glisser jusqu’à ce dernier jour bureaucratique, satisfaite d’avoir épargné le temps du bonheur.
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26.03.2008
Chronique du matin
Vous l'aurez sûrement remarqué, j'aime vous faire partager l'intimité de mes débuts de matinée. Comme pourrait le dire un ethnologue, le matin est un territoire encore méconnu et riche de ses diversités. Le temps qui s'écoule entre les yeux qui s'ouvrent et la clef qui se glisse dans la serrure est un lieu temporel qui me passionne. Cela peut vous paraître exessif, incompréhensible mais c'est un moment de la journée fait de diversités, d'habitudes, de rites, d'odeurs, de manifestations physiques les plus variées. C'est un moment déterminant de la journée. Je vais donc entamer la rédaction des chroniques du matin au cours desquelles je vous ferai partager mon quotidien matinal que, dans la mesure du possible et le respect le plus strict de la morale, j'illustrerai de photos. Nous redécouvrirons ensemble tous ces lieux que nous ne voyons plus à force d'habitude, je vous ferai vivre les aventures, les drames, les plaisirs qui font du matin une expérience unique, je vous aiderai à redonner du sens à tous ces gestes qui vous paraissent anodins, sans intérêt. Je ne manque pas d'ambition mais ce que je veux surtout, c'est que vous sachiez que vous n'êtes pas seuls, que vous preniez conscience que face à l'angoisse du matin et quoi qu'il arrive je serai avec vous.
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25.03.2008
Robert et moi
J'effectue la sortie du magasin le disque à la main. Je vous rappelle que je viens d'acquérir le "IV" de Led Zeppelin. Durant le voyage je vais le tourner et le retourner. Arrivé à destination, je dois participer au déchargement de la voiture. Je ne vais pas jouer les Cosette mais un enfant de commerçant est corvéable à merci et il ne bénéficie pas de la protection du code du travail. Je travaillais plus mais pour ne rien gagner.
Une fois les travaux de manutention achevés, je suis monté dans ma chambre, le disque sous le bras. J'étais l'heureux occupant de ce que l'on appelait une chambre en rotin. Le lit, la table de nuit, le guéridon, le bureau intégré à l'armoire, le fauteuil, tout était en rotin. Je suppose que le rotin était un signe extérieur de richesse car ma mère ne se lassait pas de dire que son fils avait une chambre en rotin. Je vous parlerai dans le détail de ma chambre d'adolescent un peu plus tard.
J'étais également l'heureux propriétaire d'un tourne disque ressemblant à celui qui illustre cette chronique. L'appellation tourne disques correspond tout à fait à la réalité. Le mien possédait trois vitesses, 45, 33 et 13. Le treize tours était peut-être une anticipation d'un projet qui n'a jamais vu le jour. Ce tourne disques était vendu avec deux accessoires, l'un pour les 45 et l'autre pour les 33, qui permettaient, en supperposant les disques, de réaliser une programmation, ce qui pour les boum limonade était très pratique. Vous vous demandez peut-être ce qu'est une boum limonade. Je vous en ferai une description lors de la prochaine chronique.
Donc, évoluant dans le cadre de ma chambre en rotin, j'ouvre la porte de mon bureau, reproduction en rotin d'un pont-levis, porte sur laquelle je pose mon tourne disques. Je le branche mais pour une raison que j'ai oubliée, le fil se trouve dans le passage qui sépare ma chambre en rotin de la chambre contemporaine de mes parents. Le contemporain est fonctionnel. Il arrivait à mes parents de traverser ma chambre. Autant ma mère faisait l'effort de passer sous le fil, autant il était hors de question que mon père fasse de même. En fonction du moment de la journée, je pouvais être amené à débrancher plusieurs fois par face. Mon père n'a jamais partagé mes goûts musicaux. J'avoue que la réciproque était vraie.
Je vous raconterai la première écoute la prochaine fois. C'est promis.
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24.03.2008
Tibet haine Tibet un deux trois partez 孫 子 兵 法
Le titre est nul, je vous le concède, mais la situation me semble si absurde, les propos de nos responsables si désespérants...
Bernard Laporte nous dit que les sportifs ne doivent pas faire de politique, Bernard Kouchner qui nous informe que la Chine a, je cite, "accompli de formidables progrès" mais précise quelques secondes plus tard "évidemment ce ne sont pas des progrès quand on tire dans les rues" pendant que Rama Yade nous gratifie de la déclaration suivante: "L
a France mais aussi les Vingt-sept, de manière particulièrement forte, ont exprimé notre préoccupation. Je le redis aujourd’hui, je continue à suivre de très près la situation au Tibet et, à nouveau, nous appelons les autorités chinoises à la retenue."
Quand j'écoute parler cette jeune fille, je ne peux m'empêcher d'admirer sa capacité à faire taire son coeur, son esprit de révolte, à étouffer sa passion pour les droits de l'homme, à cadenasser l'utopie d'un monde meilleur qu'elle porte en elle.
Il faut certainement se résoudre à abandonner l'idée du boycott mais ceux qui seront sur place et qui bénéficieront de l'attention médiatique devront tout faire pour que la Chine regrette d'avoir organisé les jeux.
Pour terminer, l'article 51-3 de la charte olympique dispose qu'"aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique". Suite au projet de Romain Mesnil de manifester pendant les jeux son attachement au respect des droits de l'homme un porte-parole du Comité international olympique (CIO), joint au téléphone par l'AFP, a déclaré qu'une telle démonstration serait en infraction avec cet article de la charte olympique.
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23.03.2008
Quelle idée!
Allez savoir pourquoi, l'idée m'est venue de me faire poser des implants, mais quand je l'ai vu, j'ai décidé de me raser.
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Tibet haine Tibet un deux trois partez 孫 子 兵 法
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22.03.2008
Monstrueux
Il y a peu, j'ai décidé de me remettre à la natation avec l'objectif d'aller plus vite en crawl qu'à la brasse, ce qui n'était pas gagné. Après quelques séances, j'ai senti que je progressais. Encouragé, je me suis imposé deux séances par semaine. Et puis je l'ai vu lui. J'ai pris un coup sur la tête, j'ai pris la tasse. Il ne me restait plus qu'à aller barboter dans le pédiluve. J'ai remisé mon maillot dans l'armoire.
Pour me consoler, je me suis dit que je n'aimerais pas avoir ses épaules. Les miennes sont fines, fuselées, harmonieuses, on les devine douces.
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